LE JARDIN DES NARCISSES

Là où la beauté et le danger se confondent…

Le projet : Vision globale

LES ŒUVRES EN DETAIL

LES TABLEAUX


Images illustratives

LES SURVIVANTES (croquis en cours)

Série de 10 tableaux — 100 × 150 cm
Acrylique sur bois, feuille d’or

Ces dix portraits donnent forme à un acte rare et immense : celui de sortir de l’emprise. Chaque figure incarne une trajectoire de résistance, où la détermination n’est pas un slogan mais une nécessité vitale.

La série s’appuie sur des mécanismes de domination identifiés en psychologie — gaslighting, manipulation, love bombing — et les met en tension avec un vocabulaire botanique : plantes toxiques, fleurs trompeuses, beautés vénéneuses. Cette analogie ne cherche pas l’illustration littérale ; elle rend visible ce qui, dans l’emprise, agit par infiltration, par charme, par confusion, jusqu’à rendre l’irréel crédible.

En faisant coexister séduction et danger, ornement et menace, ces tableaux révèlent l’ambivalence du piège — et, en miroir, la puissance de l’arrachement. LES SURVIVANTES ne raconte pas seulement la violence : elle affirme la beauté grave de l’émancipation.

LES ABSENTES (croquis en cours)

Série de 28 tableaux — 20 × 24 cm
Acrylique sur bois, feuille d’or

En écho à la réalité contemporaine des féminicides, cette série rend hommage à vingt-huit femmes — absentes de leurs proches, de leurs enfants, de leurs amitiés, et de notre société.

Chaque tableau présente une fleur, comme dans un jardin funéraire : sous son nom, une période de vie s’inscrit à la manière d’une stèle. La date finale — 2025 — revient, systématique, comme une rupture imposée. L’ensemble compose un mémorial fragmenté, à taille humaine, où l’image tient lieu de présence et où le silence devient matière.

Par la répétition, la série affirme une évidence brutale : le féminicide traverse tous les âges, toutes les origines, tous les milieux. LES ABSENTES ne cherche pas le spectaculaire ; elle impose la gravité d’un constat et la nécessité de regarder, enfin, ce qui manque.

INSTALLATIONS & SCULPTURES


28 FOIS L’ABSENCE
(production en attente de fonds)

Installation-mémorial dédiée à celles qui n’ont pas pu s’échapper
Série de 28 stèles — 60 × 90 cm
Structure métallique, béton brut, feuille d’or

28 fois l’absence est une installation-mémorial consacrée à celles dont la trajectoire a été interrompue avant toute possibilité de fuite. En Suisse, 28 féminicides ont été recensés en 2025 par le projet de recherche Stop Femizid, dans un contexte où il n’existe pas de registre officiel unique et centralisé permettant une lecture transparente et unifiée du phénomène.

Chaque stèle porte une fleur en feuille d’or, un nom floral, et une double date :

  • une « naissance » symbolique, inspirée des premiers récits historiques de féminicides,

  • un décès, inscrit mois après mois sur l’année 2025.

Alignées comme un champ muet, ces stèles produisent une expérience physique de la statistique : ici, le nombre cesse d’être un chiffre pour redevenir une présence manquante. Le béton brut impose la matière, le poids, la chute ; l’or, à l’inverse, agit comme un liseré de dignité — non pas décoratif, mais funéraire. Là où certaines œuvres séduisent par la beauté, ce dispositif frappe par sa frontalité : il ne raconte pas, il constate.

L’installation fonctionne comme un cimetière miniature : une suite d’absences irréparables qui, par leur répétition, ébranlent le regard. Et c’est dans ce tremblement — inconfortable, nécessaire — que peut naître une prise de conscience.

LE REFLET DU VIDE (production en attente de fonds)

Installation suspendue
Série de narcisses dorés (imitation feuille d’or), suspendus dans le vide, avec un grand miroir brisé au sol

Le terme « narcissique » s’est imposé dans l’espace public — médias, essais, psychologie populaire, et surtout réseaux sociaux — au point de devenir un mot-valise. On l’invoque comme le symptôme d’un malaise contemporain : effets d’une éducation permissive, persistance de schémas patriarcaux, ou dynamiques intimes qui relèguent encore trop souvent les femmes au rang de soutiens invisibles.

S’inspirant du mythe de Narcisse — figure qui se perd dans son propre reflet — cette installation explore ce que l’on nomme aujourd’hui « perversion narcissique ». Non pour suivre une tendance, mais pour interroger la manière dont certaines formes d’emprise relationnelle s’installent, se normalisent, et façonnent un quotidien où l’autre devient propriété, extension, ou décor. Elle met en lumière un mécanisme de domination ordinaire, parfois imperceptible, qui peut amener certains hommes à se vivre comme détenteurs d’un droit sur leur compagne.

Les narcisses suspendus, déracinés, matérialisent cette fascination toxique : fleurs éclatantes en apparence, mais privées de sol, maintenues dans une beauté sans ancrage, flottant au-dessus du vide qu’elles contribuent à creuser. Ils figurent l’amour impossible envers celui qui n’aime que son image — et les dommages silencieux que cette logique laisse derrière elle.

Déraciner ces narcisses, ici, n’est pas un geste moral : c’est une proposition symbolique. Un appel à déplacer le regard, à nommer ce qui se dissimule sous l’esthétique, et à questionner les structures — culturelles, éducatives, affectives — qui continuent de nourrir ces formes d’emprise.

L’HOMME NOUVEAU
(production en attente de fonds)

Sculpture / installation — totem
Série de totems composés de matériaux mixtes : bois, béton, céramique, métal

L’Homme nouveau prend pour point de départ l’icône lisse du narcisse — figure d’un masculin centré sur son propre reflet, façonné par des codes de maîtrise, de contrôle et de performance, parfois au détriment de l’autre comme de lui-même. Ici, cette image ne disparaît pas : elle se fracture, se décale, puis se recompose autrement.

Le totem met en scène un processus plutôt qu’un résultat. Il donne forme à une déconstruction volontaire de la masculinité narcissique, à travers une stratification de matières dont chacune porte une charge symbolique :

  • Béton et bois : les fondations — éducation, héritages, structures premières ; ce qui façonne l’homme dès l’enfance, parfois sans qu’il en ait conscience.

  • Métal et céramique : les valeurs et la posture au monde — ce qui peut se tordre, se remodeler, se réparer ; ce qui apprend à se réinventer sans se renier.

  • Formes délicates intégrées à la composition : l’irruption d’une sensibilité assumée ; la place des émotions, non plus tolérées à la marge, mais visibles, légitimes, structurantes.

L’œuvre n’idéalise pas un « homme nouveau » déjà abouti. Elle assume l’inconfort du chantier : un masculin qui accepte ses fissures, revisite ses fondations, et accueille la vulnérabilité non comme une menace, mais comme une force de transformation.

ESPACE PUBLIQUE

FRESQUES


Images illustratives

LES SURVIVANTES — FRESQUES

Histoires de survivantes, déployées dans l’espace public
Commandes publiques ou privées : festivals d’art, institutions féministes, lieux culturels, collectivités, entreprises engagées.

Avec LES SURVIVANTES — FRESQUES, la série quitte le format du tableau pour entrer dans le territoire du quotidien : la rue, les façades, les lieux de passage. Là où l’emprise agit souvent dans le silence — derrière les portes, dans l’intime — la fresque choisit l’inverse : rendre visible, nommer, ouvrir une conversation. Dans l’espace public, l’œuvre devient un signal. Elle ne se contente pas de représenter : elle agit comme une prise de position collective contre la violence ordinaire faite aux femmes — celle qui se glisse dans les mots, les habitudes, les excuses, les “ce n’est pas si grave”.

Pour renforcer l’impact, la fresque intègre une dimension performative : le pointillisme et les remplissages des corps sont réalisés avec une “machine à points” dont la forme évoque l’arme de guerre. Le geste artistique se charge alors d’un renversement symbolique : détourner l’imaginaire de la violence — emblème ultime d’un masculin destructeur — pour produire une image de résistance, de reconstruction et de vérité.

Chaque réalisation est accompagnée d’une vidéo conçue comme un outil de sensibilisation, destinée aux réseaux sociaux et aux partenaires (institutions, écoles, associations, médias).

Exemple de titre de fresque : IRIS et les clés perdues — récit développé dans le livre Le Jardin des Narcisses.

Ici, l’œuvre n’est pas seulement une image : c’est une porte d’entrée. Vers la compréhension. Vers la prévention. Et, parfois, vers la sortie.

WORKSHOP & ATELIERS


Peinture collective
dans un champ de narcisses
ou à l’atelier

Action participative / performance in situ
En collaboration avec des collectifs

Le projet s’appuie sur la collaboration avec des collectifs engagés dans la défense des droits des femmes et la lutte contre les violences de genre. Leur présence ancre l’action dans une réalité sociale, renforce la portée de sensibilisation, et garantit une médiation respectueuse des vécus.

Collectifs pressentis à confirmer*

Cette performance participative pourra être documentée (photo/vidéo) et intégrée au dispositif d’exposition comme trace, archive et outil de médiation.

Du Mont-Pèlerin aux hauts de Montreux, les narcisses ont longtemps blanchi les prairies en mai, au point qu’on parlait de “neige de mai”. Dès la fin du XIXᵉ siècle, Montreux a transformé ce phénomène en ressource : train des narcisses, bouquets expédiés au loin (un revenu important pour les agriculteurs) et Fête des Narcisses (1897–1957), avec ses chars fleuris et ses spectacles.

Aujourd’hui, la floraison persiste, mais le paysage s’efface : les narcisses sont en forte régression (-60% à -80%), sous l’effet combiné de l’agriculture intensive (pâturage précoce), de la reforestation et de l’urbanisation. Une association locale agit pour leur redonner une place dans la région — et c’est dans ce contexte que le projet prend sens : si la “neige de mai” disparaît, que reste-t-il de notre mémoire collective, et que choisit-on de préserver ?

Dans les champs, une performances sera organisés en collaboration avec des collectifs féministes, comme des temps de sensibilisation adressés aux femmes comme aux hommes autour des relations toxiques. Le public, placé à distance, sera invité à participer à une création guidée : réinventer l’image du narcisse aux côtés de l’artiste, à partir d’un protocole simple (gestes, composition, matériaux). Ces moments d’art partagé feront dialoguer un symbole local — le narcisse — avec une réalité intime et sociale : ce qui paraît beau, mais peut blesser.

Les œuvres issues de ces workshops — ainsi que les pièces du projet — seront présentées au Hopf Studio à l’automne 2026, lors d’une exposition accompagnée d’un vernissage public.

PUBLICATION

LE LIVRE


LE JARDIN DES NARCISSES
Récits illustrés depuis un studio de tatouage

Format
Livre hybride mêlant récits courts, interludes poétiques et illustrations originales, avec une section documentaire / éducative (repères, notions, ressources).

Genre / tonalité
Littérature contemporaine du réel. Voix intime, lucide, parfois crue — avec une ironie qui tient debout quand le reste vacille.

Thématiques
Emprise et violences psychologiques ordinaires · charge mentale · maternité · patriarcat du quotidien · reconstruction · peau et tatouage comme territoires symboliques.

Public
Lectrices et lecteurs de littérature contemporaine, récits de femmes, formes hybrides texte-image. Un public sensible aux enjeux sociétaux, sans attente de “témoignage victimaire”.

Angle fort
Un studio de tatouage comme théâtre des confidences. À travers les demandes de clientes venues inscrire sur leur peau la sortie d’une relation toxique, se dessine une mécanique collective de l’emprise — jusqu’au moment où l’autrice comprend qu’elle doit écrire pour ne pas s’y dissoudre.

Glossaire botanique
Les plantes comme clés de lecture : un vocabulaire vivant pour rendre visibles des mécanismes d’emprise (gaslighting, love bombing, culpabilisation, manipulation, manspreading, etc.). Beautés trompeuses, toxines discrètes, racines invasives : la botanique devient un outil de compréhension.

Images illustratives / croquis en cours

LE JARDIN DES NARCISSES - note d’intention


“Ce livre n’est pas une confession.
Encore moins une revanche.
C’est une autopsie délicate
menée sur des femmes bien vivantes”

On y entre par un studio qui sent le désinfectant, par des corps qui ont trop encaissé, par un miroir qui ne renvoie jamais un seul visage. On traverse la maternité comme on traverse un pays en guerre, le couple comme une entreprise déficitaire, et l’amour comme une promesse souvent mal traduite.

La narratrice écrit depuis l’après-coup : pas depuis la plaie ouverte, mais depuis la cicatrice — celle qui gratte encore quand il pleut.

Les récits avancent par fragments. Les mots sont précis, parfois durs, souvent ironiques. L’humour surgit là où on ne l’attend pas. Le surréalisme affleure quand le réel devient trop lourd : un plafond respire, un corps négocie avec l’eau froide, un papillon finit par décoller ses ailes.

Il est question de charge mentale, de promesses économiques, de patriarcat ordinaire — celui qui ne crie pas, mais qui use. Il est aussi question de renaissance, sans lyrisme forcé : ici, on ne “guérit” pas. On apprend à marcher autrement.

On pourrait croire à un récit intime, mais c’est un texte politique à hauteur de peau.

Rien n’est réglé. Mais tout est nommé.
Et parfois, nommer suffit à reprendre le pouvoir.

“Au-delà de son ancrage socioculturel, Le Jardin des Narcisses se déploie comme une expérience plastique et mémorielle : un dispositif où l’intime devient espace public, où le végétal dialogue avec le corps, et où la beauté sert de seuil pour affronter ce qui demeure trop souvent invisible.

En réunissant peintures, installations et sculptures, le projet construit une mémoire actée dans le présent — non comme un constat, mais comme un geste de transformation tourné vers l’avenir. Soutenir cette œuvre, c’est accompagner une proposition sensible et nécessaire, capable d’inviter à un temps d’arrêt, une prise de conscience, et un déplacement du regard.”

Images illustratives
projet en cours de réalisation

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