LE JARDIN DES NARCISSES

Là où la beauté et le danger se confondent…

Le projet : Vision globale

  • Le Jardin des Narcisses s’inscrit dans un contexte où les tensions autour du genre, du pouvoir et de la violence sont plus visibles que jamais. D’un côté, les mouvements féministes se renforcent, portés par des voix qui refusent désormais le silence et réclament justice, reconnaissance et transformation sociale. De l’autre, des courants masculinistes et extrémistes gagnent du terrain, ravivant des discours de domination et nourrissant un climat où l’emprise, l’intimidation et la violence deviennent des outils de contrôle.

    En Suisse, cette fracture se manifeste de manière tragique : le nombre de féminicides augmente et les associations luttent encore pour que ces crimes soient nommés, reconnus et comptabilisés de manière officielle. Cette absence de reconnaissance institutionnelle rend invisible ce qui est pourtant une réalité structurelle : la mise à mort de femmes en raison de leur genre.

    Ce projet naît précisément dans cette tension — dans l’urgence de donner forme, voix et espace à ce que la société peine encore à regarder en face.

  • Je parle ici en tant qu’artiste, depuis un endroit lucide et engagé.
    Le Jardin des Narcisses n’est ni un règlement de compte, ni une accusation : c’est une réponse artistique à un schéma de domination et de violences relationnelles qui traverse les vies, souvent derrière des façades impeccables — et qui continue d’être minimisé, excusé, ou enfermé dans le privé.

    Ce projet est né d’une nécessité : rendre visible ce qui se cache, mettre des mots et des formes sur ce qui abîme, sans sensationalisme, sans voyeurisme. Refuser le silence, refuser la banalisation, et refuser que ces réalités restent cantonnées à la honte ou à “l’histoire d’un couple”.

    Je ne cherche pas à répondre à la violence par la violence.
    Mon outil, c’est l’art : la beauté non comme un voile, mais comme un révélateur. Une manière d’exposer le réel avec une intensité calme, précise, impossible à détourner du regard.

    À travers ce projet, des expériences individuelles et collectives deviennent une œuvre : un espace de confrontation, de mémoire, et de résistance — où l’on regarde en face, et où l’on reprend du pouvoir sans bruit, mais sans recul.

  • Tout part d’une image profondément inscrite dans l’imaginaire collectif : le mythe de Narcisse, cet homme tellement fasciné par son propre reflet qu’il en oublie le monde, les autres, jusqu’à finir noyé dans l’eau qu’il contemplait.
    Un homme détruit par l’adoration de lui-même — une métaphore qui résonne étrangement bien avec certaines dynamiques contemporaines.

    De ce symbole, je glisse naturellement vers la plante elle-même : le narcisse, cette fleur éclatante, séduisante, mais profondément toxique.
    Toxique pour qui la consomme.
    Toxique pour les animaux.
    Toxique même pour les autres plantes — car certaines variétés libèrent des substances qui inhibent la croissance de ce qui les entoure. Un poison délicatement emballé dans une beauté immaculée.

    Cette dualité — la beauté qui tue, l’éclat qui cache le danger — est devenue la colonne vertébrale du projet. En parallèle, une autre image m’a frappée : celle du jardin parfait, du jardin d’Éden, ou encore du « jardin des trad-wives » — ces femmes idéalisées, coiffures impeccables, gâteaux faits maison, fleurs taillées à la perfection, un après-midi de jardinage comme dans un manuel des années 50. Derrière ce décor trop lisse se cache parfois un contrôle, un silence du féminin, une domestication subtile, une pression insidieuse à la perfection — bref, un terrain idéal pour cultiver… des narcisses.

    Le Jardin des Narcisses, c’est cela : l’image dorée, polie, immaculée, qui sous son calme peut se révéler toxique, dangereuse, étouffante. À partir de ce symbole commun — le mythe, la plante, le jardin idéalisé, les relations qui enferment — des dizaines d’idées ont éclos. Et c’est ce jardin-là que je partage ici : un jardin où chaque fleur révèle ce qui ne se dit pas, où chaque pétale brille sans cacher le poison, où chaque œuvre questionne ce que l’on hérite, ce que l’on subit, et ce que l’on peut enfin déraciner.

  • Tout commence en 2018, dans un studio de tatouage. Au fil des rendez-vous, des femmes viennent marquer sur leur peau une rupture, une sortie, parfois une survie. Avec le geste, les mots arrivent. Des récits reviennent, se ressemblent, s’empilent. À force, ce n’est plus une suite d’histoires isolées : c’est un motif. Un poids. Un écho qui s’incruste.

    Pour ne pas laisser ces paroles se dissoudre — ni m’y dissoudre — un carnet noir s’impose. J’y recueille des phrases, des silences, des fragments. Et, après les journées de travail, quelques croquis : comme une manière de déposer, de comprendre, de garder une trace sans trahir.

    En 2026, ce carnet est là, épais, rempli jusqu’au bord. Il ne demande pas d’être “raconté” : il demande une forme. Une transformation. Alors je choisis de déplacer la matière vers l’art. Ne pas rester dans l’accumulation. Ne pas se noyer. Faire de ce trop-plein un langage.

    De ce geste naît Le Jardin des Narcisses — et toute l’exposition qui en découle.

  • La peinture est ma première langue artistique. Les tableaux du projet sont à la fois le prolongement de mes années de travail et la traduction visuelle de toutes ces voix entendues.
    J’aime dessiner des portraits ornés de fleurs, de symboles, de détails subtils et de fragments surréalistes. Mon style précis, minutieux, presque obsessionnel, devient ici un outil pour donner un visage aux récits invisibles.

    Chaque portrait porte la charge symbolique des expériences vécues :
    le corps, la menace, la force, la fuite, la survie. Ces œuvres ne racontent pas une histoire unique : elles incarnent des centaines de chuchotements, des confidences recueillies au fil des années.

  • Pour dépasser mes compétences actuelles, élargir mon champ artistique et explorer de nouveaux langages visuels, j’ai choisi de donner vie à ce projet sous forme d’installations et de sculptures.

    Le Narcisse déconstruit, les stèles, les fleurs suspendues — toutes ces pièces poursuivent l’identité de mon travail : un mélange de matériaux bruts et raffinés, une recherche constante de contrastes, de tensions, de contradictions.

    Le béton dialogue avec le bois, le métal avec la céramique.
    Ces matériaux deviennent les métaphores de nos structures intérieures : l’éducation, la mentalité, la fragilité, la reconstruction, la déconstruction du masculin et du féminin.

  • En tant qu’artiste pluridisciplinaire, les fresques murales occupent une place importante dans mon travail.
    Elles apportent visibilité et ampleur au projet, et permettent de sortir l’exposition du cadre strict de la galerie. Les thématiques que j’aborde sont universelles et mondiales ; elles trouvent naturellement leur place dans l’espace public.
    Dans ce contexte urbain, la fresque devient un outil politique, un acte social, une prise de position. Pour amplifier leur impact, j’ai développé une arme à points — une grande machine inspirée d’une arme de guerre, qui projette mes points habituellement délicats avec force et brutalité.
    Ce geste volontairement violent fait écho à celle de la masculinité toxique que je dénonce.

    Avec cette arme, je peins les portraits des survivantes. Le geste est brutal, mais l’image est douce. C’est une réponse artistique à la violence — un retournement symbolique.

  • Le livre constitue l’aboutissement du projet — l’objet total qui rassemble toutes ses dimensions.

    Il réunit :

    • les croquis du carnet noir,

    • les dix portraits des survivantes,

    • des textes poétiques et illustrés,

    • et un glossaire inédit de plantes toxiques, métaphore des comportements destructeurs connus en psychologie : gaslighting, love bombing, manipulation, perversion narcissique, etc.

    Ce livre devient un outil didactique, sensible et artistique :
    un guide illustré pour reconnaître les signes d’une relation toxique, pour comprendre l’emprise, pour se protéger.

    Les interludes poétiques seront écrits en collaboration avec l’écrivaine Sophie Dora Swan, dont l’univers littéraire s’accorde avec la délicatesse et la profondeur du projet.

  • Le Jardin des Narcisses existe autant dans mon imaginaire que dans mes mains. D’où cette page, d’où ces textes, d’où cette mise à nu du processus : pour partager, dès aujourd’hui, la vision complète du projet et inviter à l’accompagner vers sa forme finale.

    Quoi qu’il arrive, je mènerai ce projet à terme. La question n’est pas si, mais comment, et à quel rythme. La forme finale dépendra évidemment des soutiens reçus — financiers, institutionnels, logistiques.

    Je me laisse du temps, mais pas un délai infini : une année serait idéale ; deux ans restent un horizon acceptable. Au-delà, ce serait trahir l’urgence du sujet. Car il y a véritablement urgence : les portraits avancent, les croquis s’accumulent, l’écriture du livre prend forme. Chaque jour, ce projet pousse, germe, demande à exister pour de vrai — dans l’espace public, dans les galeries, dans les mains des lecteurs.

    J’avancerai pas à pas, en fonction des réponses, des opportunités, des portes qui s’ouvrent. À la fin de cette page, une possibilité de soutenir le projet existe. Chaque geste compte — il rend la réalisation plus rapide, plus ample, plus fidèle à ce qu’elle doit devenir.

    Et si vous souhaitez soutenir ce projet d’une manière ou d’une autre,
    écrivez-moi directement : tami@hopfstudio.com
    Toute aide est la bienvenue — vraiment.

    Les visuels présentés ici sont des images de recherche : croquis, essais de composition, études de matière et intentions chromatiques. Ils ne constituent pas des œuvres définitives, mais les fondations du langage visuel de l’exposition.

    Ces documents permettent de situer :

    • l’orientation esthétique (pointillisme, relief, ornementation, vide, fracture)

    • la mise en scène des corps et des symboles botaniques

    • les futurs formats, échelles et dispositifs (tableaux, fresques, stèles, installations)

LES ŒUVRES EN DETAIL

LES TABLEAUX


Images illustratives

LES SURVIVANTES (croquis en cours)

Série de 10 tableaux — 100 × 150 cm
Acrylique sur bois, feuille d’or

Ces dix portraits donnent forme à un acte rare et immense : celui de sortir de l’emprise. Chaque figure incarne une trajectoire de résistance, où la détermination n’est pas un slogan mais une nécessité vitale.

La série s’appuie sur des mécanismes de domination identifiés en psychologie — gaslighting, manipulation, love bombing — et les met en tension avec un vocabulaire botanique : plantes toxiques, fleurs trompeuses, beautés vénéneuses. Cette analogie ne cherche pas l’illustration littérale ; elle rend visible ce qui, dans l’emprise, agit par infiltration, par charme, par confusion, jusqu’à rendre l’irréel crédible.

En faisant coexister séduction et danger, ornement et menace, ces tableaux révèlent l’ambivalence du piège — et, en miroir, la puissance de l’arrachement. LES SURVIVANTES ne raconte pas seulement la violence : elle affirme la beauté grave de l’émancipation.

LES ABSENTES (croquis en cours)

Série de 28 tableaux — 20 × 24 cm
Acrylique sur bois, feuille d’or

En écho à la réalité contemporaine des féminicides, cette série rend hommage à vingt-huit femmes — absentes de leurs proches, de leurs enfants, de leurs amitiés, et de notre société.

Chaque tableau présente une fleur, comme dans un jardin funéraire : sous son nom, une période de vie s’inscrit à la manière d’une stèle. La date finale — 2025 — revient, systématique, comme une rupture imposée. L’ensemble compose un mémorial fragmenté, à taille humaine, où l’image tient lieu de présence et où le silence devient matière.

Par la répétition, la série affirme une évidence brutale : le féminicide traverse tous les âges, toutes les origines, tous les milieux. LES ABSENTES ne cherche pas le spectaculaire ; elle impose la gravité d’un constat et la nécessité de regarder, enfin, ce qui manque.

INSTALLATIONS & SCULPTURES


28 FOIS L’ABSENCE
(production en attente de fonds)

Installation-mémorial dédiée à celles qui n’ont pas pu s’échapper
Série de 28 stèles — 60 × 90 cm
Structure métallique, béton brut, feuille d’or

28 fois l’absence est une installation-mémorial consacrée à celles dont la trajectoire a été interrompue avant toute possibilité de fuite. En Suisse, 28 féminicides ont été recensés en 2025 par le projet de recherche Stop Femizid, dans un contexte où il n’existe pas de registre officiel unique et centralisé permettant une lecture transparente et unifiée du phénomène.

Chaque stèle porte une fleur en feuille d’or, un nom floral, et une double date :

  • une « naissance » symbolique, inspirée des premiers récits historiques de féminicides,

  • un décès, inscrit mois après mois sur l’année 2025.

Alignées comme un champ muet, ces stèles produisent une expérience physique de la statistique : ici, le nombre cesse d’être un chiffre pour redevenir une présence manquante. Le béton brut impose la matière, le poids, la chute ; l’or, à l’inverse, agit comme un liseré de dignité — non pas décoratif, mais funéraire. Là où certaines œuvres séduisent par la beauté, ce dispositif frappe par sa frontalité : il ne raconte pas, il constate.

L’installation fonctionne comme un cimetière miniature : une suite d’absences irréparables qui, par leur répétition, ébranlent le regard. Et c’est dans ce tremblement — inconfortable, nécessaire — que peut naître une prise de conscience.

LE REFLET DU VIDE (production en attente de fonds)

Installation suspendue
Série de narcisses dorés (imitation feuille d’or), suspendus dans le vide, avec un grand miroir brisé au sol

Le terme « narcissique » s’est imposé dans l’espace public — médias, essais, psychologie populaire, et surtout réseaux sociaux — au point de devenir un mot-valise. On l’invoque comme le symptôme d’un malaise contemporain : effets d’une éducation permissive, persistance de schémas patriarcaux, ou dynamiques intimes qui relèguent encore trop souvent les femmes au rang de soutiens invisibles.

S’inspirant du mythe de Narcisse — figure qui se perd dans son propre reflet — cette installation explore ce que l’on nomme aujourd’hui « perversion narcissique ». Non pour suivre une tendance, mais pour interroger la manière dont certaines formes d’emprise relationnelle s’installent, se normalisent, et façonnent un quotidien où l’autre devient propriété, extension, ou décor. Elle met en lumière un mécanisme de domination ordinaire, parfois imperceptible, qui peut amener certains hommes à se vivre comme détenteurs d’un droit sur leur compagne.

Les narcisses suspendus, déracinés, matérialisent cette fascination toxique : fleurs éclatantes en apparence, mais privées de sol, maintenues dans une beauté sans ancrage, flottant au-dessus du vide qu’elles contribuent à creuser. Ils figurent l’amour impossible envers celui qui n’aime que son image — et les dommages silencieux que cette logique laisse derrière elle.

Déraciner ces narcisses, ici, n’est pas un geste moral : c’est une proposition symbolique. Un appel à déplacer le regard, à nommer ce qui se dissimule sous l’esthétique, et à questionner les structures — culturelles, éducatives, affectives — qui continuent de nourrir ces formes d’emprise.

L’HOMME NOUVEAU
(production en attente de fonds)

Sculpture / installation — totem
Série de totems composés de matériaux mixtes : bois, béton, céramique, métal

L’Homme nouveau prend pour point de départ l’icône lisse du narcisse — figure d’un masculin centré sur son propre reflet, façonné par des codes de maîtrise, de contrôle et de performance, parfois au détriment de l’autre comme de lui-même. Ici, cette image ne disparaît pas : elle se fracture, se décale, puis se recompose autrement.

Le totem met en scène un processus plutôt qu’un résultat. Il donne forme à une déconstruction volontaire de la masculinité narcissique, à travers une stratification de matières dont chacune porte une charge symbolique :

  • Béton et bois : les fondations — éducation, héritages, structures premières ; ce qui façonne l’homme dès l’enfance, parfois sans qu’il en ait conscience.

  • Métal et céramique : les valeurs et la posture au monde — ce qui peut se tordre, se remodeler, se réparer ; ce qui apprend à se réinventer sans se renier.

  • Formes délicates intégrées à la composition : l’irruption d’une sensibilité assumée ; la place des émotions, non plus tolérées à la marge, mais visibles, légitimes, structurantes.

L’œuvre n’idéalise pas un « homme nouveau » déjà abouti. Elle assume l’inconfort du chantier : un masculin qui accepte ses fissures, revisite ses fondations, et accueille la vulnérabilité non comme une menace, mais comme une force de transformation.

ESPACE PUBLIQUE

FRESQUES


Images illustratives

LES SURVIVANTES — FRESQUES

Histoires de survivantes, déployées dans l’espace public
Commandes publiques ou privées : festivals d’art, institutions féministes, lieux culturels, collectivités, entreprises engagées.

Avec LES SURVIVANTES — FRESQUES, la série quitte le format du tableau pour entrer dans le territoire du quotidien : la rue, les façades, les lieux de passage. Là où l’emprise agit souvent dans le silence — derrière les portes, dans l’intime — la fresque choisit l’inverse : rendre visible, nommer, ouvrir une conversation. Dans l’espace public, l’œuvre devient un signal. Elle ne se contente pas de représenter : elle agit comme une prise de position collective contre la violence ordinaire faite aux femmes — celle qui se glisse dans les mots, les habitudes, les excuses, les “ce n’est pas si grave”.

Pour renforcer l’impact, la fresque intègre une dimension performative : le pointillisme et les remplissages des corps sont réalisés avec une “machine à points” dont la forme évoque l’arme de guerre. Le geste artistique se charge alors d’un renversement symbolique : détourner l’imaginaire de la violence — emblème ultime d’un masculin destructeur — pour produire une image de résistance, de reconstruction et de vérité.

Chaque réalisation est accompagnée d’une vidéo conçue comme un outil de sensibilisation, destinée aux réseaux sociaux et aux partenaires (institutions, écoles, associations, médias).

Exemple de titre de fresque : IRIS et les clés perdues — récit développé dans le livre Le Jardin des Narcisses.

Ici, l’œuvre n’est pas seulement une image : c’est une porte d’entrée. Vers la compréhension. Vers la prévention. Et, parfois, vers la sortie.

WORKSHOP & ATELIERS


Peinture collective
dans un champ de narcisses
ou à l’atelier

Action participative / performance in situ
En collaboration avec des collectifs

Le projet s’appuie sur la collaboration avec des collectifs engagés dans la défense des droits des femmes et la lutte contre les violences de genre. Leur présence ancre l’action dans une réalité sociale, renforce la portée de sensibilisation, et garantit une médiation respectueuse des vécus.

Collectifs pressentis à confirmer*

Cette performance participative pourra être documentée (photo/vidéo) et intégrée au dispositif d’exposition comme trace, archive et outil de médiation.

Du Mont-Pèlerin aux hauts de Montreux, les narcisses ont longtemps blanchi les prairies en mai, au point qu’on parlait de “neige de mai”. Dès la fin du XIXᵉ siècle, Montreux a transformé ce phénomène en ressource : train des narcisses, bouquets expédiés au loin (un revenu important pour les agriculteurs) et Fête des Narcisses (1897–1957), avec ses chars fleuris et ses spectacles.

Aujourd’hui, la floraison persiste, mais le paysage s’efface : les narcisses sont en forte régression (-60% à -80%), sous l’effet combiné de l’agriculture intensive (pâturage précoce), de la reforestation et de l’urbanisation. Une association locale agit pour leur redonner une place dans la région — et c’est dans ce contexte que le projet prend sens : si la “neige de mai” disparaît, que reste-t-il de notre mémoire collective, et que choisit-on de préserver ?

Dans les champs, une performances sera organisés en collaboration avec des collectifs féministes, comme des temps de sensibilisation adressés aux femmes comme aux hommes autour des relations toxiques. Le public, placé à distance, sera invité à participer à une création guidée : réinventer l’image du narcisse aux côtés de l’artiste, à partir d’un protocole simple (gestes, composition, matériaux). Ces moments d’art partagé feront dialoguer un symbole local — le narcisse — avec une réalité intime et sociale : ce qui paraît beau, mais peut blesser.

Les œuvres issues de ces workshops — ainsi que les pièces du projet — seront présentées au Hopf Studio à l’automne 2026, lors d’une exposition accompagnée d’un vernissage public.

PUBLICATION

LE LIVRE


LE JARDIN DES NARCISSES
Récits illustrés depuis un studio de tatouage

Format
Livre hybride mêlant récits courts, interludes poétiques et illustrations originales, avec une section documentaire / éducative (repères, notions, ressources).

Genre / tonalité
Littérature contemporaine du réel. Voix intime, lucide, parfois crue — avec une ironie qui tient debout quand le reste vacille.

Thématiques
Emprise et violences psychologiques ordinaires · charge mentale · maternité · patriarcat du quotidien · reconstruction · peau et tatouage comme territoires symboliques.

Public
Lectrices et lecteurs de littérature contemporaine, récits de femmes, formes hybrides texte-image. Un public sensible aux enjeux sociétaux, sans attente de “témoignage victimaire”.

Angle fort
Un studio de tatouage comme théâtre des confidences. À travers les demandes de clientes venues inscrire sur leur peau la sortie d’une relation toxique, se dessine une mécanique collective de l’emprise — jusqu’au moment où l’autrice comprend qu’elle doit écrire pour ne pas s’y dissoudre.

Glossaire botanique
Les plantes comme clés de lecture : un vocabulaire vivant pour rendre visibles des mécanismes d’emprise (gaslighting, love bombing, culpabilisation, manipulation, manspreading, etc.). Beautés trompeuses, toxines discrètes, racines invasives : la botanique devient un outil de compréhension.

Images illustratives / croquis en cours

LE JARDIN DES NARCISSES - note d’intention


“Ce livre n’est pas une confession.
Encore moins une revanche.
C’est une autopsie délicate
menée sur des femmes bien vivantes”

On y entre par un studio qui sent le désinfectant, par des corps qui ont trop encaissé, par un miroir qui ne renvoie jamais un seul visage. On traverse la maternité comme on traverse un pays en guerre, le couple comme une entreprise déficitaire, et l’amour comme une promesse souvent mal traduite.

La narratrice écrit depuis l’après-coup : pas depuis la plaie ouverte, mais depuis la cicatrice — celle qui gratte encore quand il pleut.

Les récits avancent par fragments. Les mots sont précis, parfois durs, souvent ironiques. L’humour surgit là où on ne l’attend pas. Le surréalisme affleure quand le réel devient trop lourd : un plafond respire, un corps négocie avec l’eau froide, un papillon finit par décoller ses ailes.

Il est question de charge mentale, de promesses économiques, de patriarcat ordinaire — celui qui ne crie pas, mais qui use. Il est aussi question de renaissance, sans lyrisme forcé : ici, on ne “guérit” pas. On apprend à marcher autrement.

On pourrait croire à un récit intime, mais c’est un texte politique à hauteur de peau.

Rien n’est réglé. Mais tout est nommé.
Et parfois, nommer suffit à reprendre le pouvoir.

“Au-delà de son ancrage socioculturel, Le Jardin des Narcisses se déploie comme une expérience plastique et mémorielle : un dispositif où l’intime devient espace public, où le végétal dialogue avec le corps, et où la beauté sert de seuil pour affronter ce qui demeure trop souvent invisible.

En réunissant peintures, installations et sculptures, le projet construit une mémoire actée dans le présent — non comme un constat, mais comme un geste de transformation tourné vers l’avenir. Soutenir cette œuvre, c’est accompagner une proposition sensible et nécessaire, capable d’inviter à un temps d’arrêt, une prise de conscience, et un déplacement du regard.”

Images illustratives
projet en cours de réalisation

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