LE JARDIN DES NARCISSES
De la monochromie à la couleur, de l’image à l’objet.
Le jardin des narcisses
Peintures & installation sculpturale
Projet de recherche
et de création 2026–2027
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Que reste-t-il de notre perception lorsque ce qui nous attire est aussi ce qui nous déforme ?
Le Jardin des Narcisses est un nouveau cycle de peintures et une installation sculpturale dans lesquels j’explore les mécanismes de l’emprise, de la projection et de la reconstruction à travers le corps, la botanique, la couleur et le reflet.
Le projet marque surtout un tournant majeur dans ma pratique artistique : après près de dix années de travail presque exclusivement construit en noir et blanc, j’introduis pour la première fois la couleur comme élément structurel de mon langage.
Cette évolution ne consiste pas à colorer un univers existant. Elle remet en jeu la construction même de mes images : les rapports entre ligne et surface, corps et décor, profondeur et aplat, détail et couleur.
Le Jardin des Narcisses constitue ainsi le passage vers une pratique plus picturale, matérielle et spatiale.
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Depuis près de dix ans, ma pratique s’est développée autour d’un vocabulaire immédiatement identifiable : dessin, contrastes noirs et blancs, pointillisme, corps fragmentés, végétation et compositions oscillant entre réalisme et imaginaire.
Le Jardin des Narcisses ouvre une rupture dans cette continuité.
Pour la première fois, la couleur ne vient pas compléter le dessin : elle devient matière de recherche et outil de construction de l’image.
Je travaille notamment à partir de deux couleurs culturellement chargées — le rose, associé au féminin, et le bleu, associé au masculin — non pour reproduire ces codes, mais pour les déplacer, les mélanger et les mettre en tension.
Les couleurs circulent d’un corps à l’autre et contaminent progressivement leur environnement. Un rose peut devenir agressif. Un bleu peut devenir charnel. Le noir et le blanc subsistent comme traces de mon langage précédent, tandis qu’une couleur plus vive intervient ponctuellement comme rupture.
Ce passage à la couleur constitue pour moi une prise de risque artistique consciente : sortir d’un langage plastique maîtrisé pour construire un nouveau système pictural susceptible de transformer durablement ma pratique.
Test 01 : mise en couleur d’un tableau existant — nécessite une étude complémentaire.
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Le projet trouve son origine dans un carnet de dessins commencé en 2018.
Des corps s’y mêlaient déjà aux fleurs, des visages disparaissaient partiellement dans la végétation et des architectures devenaient progressivement des espaces mentaux plutôt que des lieux réels.
Ces formes ont constitué le vocabulaire d’un jardin fictif.
Le narcisse en est devenu la figure centrale. Il convoque naturellement le mythe de Narcisse et la fascination pour le reflet, mais m’intéresse également pour son ambiguïté botanique : délicate et familière en apparence, la plante possède une toxicité réelle.
Cette contradiction traverse l’ensemble du projet :
ce qui est beau peut contraindre ;
ce qui protège peut enfermer ;
ce qui séduit peut modifier progressivement la perception que nous avons de nous-mêmes.Le projet prend pour point de départ les relations d’emprise et les violences psychologiques, sans chercher à les illustrer ni à construire une opposition simpliste entre victimes et coupables.
Je m’intéresse davantage à leurs effets invisibles : la transformation progressive de la perception de soi, de l’identité et du rapport au corps — puis à la possibilité de reconstruire sa propre image.
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Dans Les Survivantes, des figures féminines apparaissent au milieu d’architectures impossibles, de végétaux, d’ouvertures et de fragments de corps.
Je souhaite éviter une iconographie de la victime.
Ces figures ne sont représentées ni dans l’effondrement ni dans une posture héroïque de victoire. Elles existent dans un état intermédiaire : transformation, résistance, doute et reconstruction.
Certaines parties du corps deviennent végétales. D’autres disparaissent dans l’architecture. Des fleurs traversent les visages tandis que des zones extrêmement dessinées côtoient de grands aplats de couleur.
Cette série poursuit ma recherche autour de la fusion entre corps humain et monde végétal tout en introduisant un nouvel enjeu : la couleur devient elle-même porteuse de tension.
La peau, la fleur, l’architecture et le vide ne sont plus séparés par le noir et blanc. Ils doivent désormais apprendre à cohabiter dans une même construction picturale.
Test 02 : tableau entièrement réalisé à l’acrylique — nécessite de renforcer le lien avec mon langage visuel actuel.
Test 03 : premières tentatives de couleur, de texture et de volume — l’objectif est de rendre le changement perceptible tout en conservant la reconnaissance de mon univers visuel.
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Le développement de la palette constitue l’un des principaux enjeux du projet.
Je pars volontairement de couleurs fortement codifiées : rose et bleu.
Plutôt que d’éviter leur caractère presque stéréotypé, je souhaite précisément le pousser jusqu’à son point de rupture.
Rose pâle, rose saturé, bleu profond, noir et blanc composent la base du système. Une couleur plus vive intervient ponctuellement comme accident visuel.
Ma recherche porte sur les rapports d’intensité, de transparence, d’aplat et de superposition entre ces teintes, ainsi que sur leur interaction avec le pointillisme et la ligne qui caractérisent mon travail.
L’enjeu est de conserver la précision graphique construite au fil de ma pratique tout en permettant à la peinture de devenir plus physique, plus libre et moins prévisible.
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Le reflet du vide
Le second volet du projet quitte progressivement la surface du tableau pour entrer dans l’espace.Des narcisses réalisés en céramique sont suspendus au-dessus d’une composition de miroirs récupérés, fragmentés et réassemblés au sol.
La fleur apparaît au-dessus de sa propre image, mais aucun reflet n’est entier.
Le spectateur entre lui aussi dans l’œuvre : son visage, son corps, les fleurs et l’architecture environnante apparaissent simultanément dans différents fragments du miroir.
Le reflet devient instable.
Je souhaite travailler avec des miroirs déjà utilisés plutôt qu’avec des surfaces neuves. Leurs différences de teinte, leurs rayures et leurs imperfections deviennent une matière de l’œuvre.
Les narcisses seront développés en céramique à travers plusieurs morphologies, échelles, textures et traitements de surface. Les premiers prototypes permettront notamment d’étudier les terres, les émaux, la résistance des pièces et leurs systèmes de suspension.
Une recherche chromatique apparaîtra également dans l’installation : des interventions colorées placées au revers de certaines fleurs ne seront perceptibles qu’indirectement, à travers leur reflet dans les miroirs.
L’installation met ainsi en tension deux matières presque opposées : la présence opaque et fragile de la céramique et la surface réfléchissante du miroir.
La fleur possède un volume réel.
Son image, elle, demeure fragmentaire.
Croquis et simulations réalisés avec l’IA — éléments encore non réalisés à ce stade.
Croquis et simulations réalisés avec l’IA — éléments encore non réalisés à ce stade.
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La Bourse Arts visuels du Canton de Vaud permettrait de financer une phase déterminante de recherche, d’expérimentation et de production.
Le projet se trouve aujourd’hui à un moment où certaines décisions artistiques ne peuvent plus être résolues par le dessin ou la simulation numérique : elles doivent être confrontées à la matière, à l’échelle, au poids, à la lumière et à l’espace.
Pour la peinture, la recherche portera sur le développement de la palette, les relations entre aplats, transparences et pointillisme, les essais de supports et la réalisation des premières œuvres de grand format de ce nouveau cycle.
Pour l’installation, le soutien permettra de réaliser les premiers prototypes de narcisses en céramique, tester différentes terres et émaux, développer les systèmes de suspension, collecter et transformer les miroirs de récupération et construire un premier fragment de l’installation à échelle réelle.
La bourse ne financerait donc pas une exposition déjà déterminée, mais le moment décisif où une recherche visuelle et conceptuelle doit devenir matière, œuvre et espace.
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01 — COULEUR
Tests chromatiques, pigments, transparences, aplats et interaction avec le pointillisme.02 — PEINTURE
Études de formats, supports, textures et production des premières œuvres du nouveau corpus.03 — CÉRAMIQUE
Morphologies des narcisses, terres, cuissons, émaux, échelles et résistance des pièces.04 — ESPACE & REFLET
Miroirs de récupération, systèmes de suspension, lumière, sécurité et premier prototype à échelle réelle. -
Le projet est développé dans la perspective d’une présentation publique dans le canton de Vaud.
Des échanges sont actuellement engagés avec le Musée Artistes Femmes — MAF à Lausanne, pour la saison 2027–2028.
Une validation de principe existe à ce jour et reste soumise à sa formalisation administrative.
Cette perspective de présentation est particulièrement importante pour le développement du projet : les peintures et l’installation sont pensées comme les différentes composantes d’un même environnement.
Les peintures n’illustrent pas l’installation, et l’installation ne documente pas les peintures.
Ensemble, elles construisent un espace dans lequel corps, plante, couleur et reflet deviennent différentes manifestations d’une même question :
comment se reconstruire lorsque l’image que l’on avait de soi a été déplacée par le regard d’un autre ?
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Basée professionnellement à Vevey, je développe depuis plus de dix ans une part essentielle de ma pratique artistique dans le canton de Vaud.
Ce territoire a accompagné plusieurs étapes déterminantes de mon parcours à travers des projets réalisés avec des institutions, collectivités et espaces culturels à Vevey, Lausanne, Morges et dans l’ensemble de la région.
Le Jardin des Narcisses représente aujourd’hui une nouvelle étape de cette trajectoire : une recherche développée depuis mon atelier à Vevey, destinée à être produite et présentée dans le canton, et qui engage une transformation durable de ma pratique artistique.
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Artiste plasticienne basée à Vevey, je développe depuis plus de dix ans une pratique située entre dessin, peinture et intervention dans l’espace.
Mon travail explore les relations entre corps humain, nature et architecture, ainsi que les constructions symboliques qui organisent notre perception.
Ma pratique s’est construite autour d’une palette volontairement réduite au noir et blanc, associée au pointillisme, au dessin figuratif et à la fragmentation des corps.
Ces dernières années, j’ai développé des projets pour des institutions, espaces culturels et collectivités en Suisse romande, parallèlement à ma pratique d’atelier.
Le Jardin des Narcisses marque aujourd’hui une nouvelle étape : le passage de la monochromie à la couleur, du dessin vers une peinture plus physique et de l’image vers l’objet et l’espace.
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