LE JARDIN DES NARCISSES
Peinture · sculpture · installation · édition · transmission
Le jardin des narcisses
Projet de recherche
et de création 2026–2028
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Que reste-t-il de notre perception lorsque ce qui nous attire est aussi ce qui nous déforme ?
Le Jardin des Narcisses est un projet artistique pluridisciplinaire développé par Tami Hopf autour d’une question centrale: comment certaines relations peuvent-elles progressivement transformer la perception que nous avons de nous-mêmes et de l’autre ?
À travers la peinture, la sculpture, l’installation et l’édition, le projet explore les notions de relation, d’emprise, de projection, de perte de repères et de reconstruction. Il prend pour point de départ l’expérience des relations déséquilibrées et des violences psychologiques, sans chercher à établir une opposition entre femmes et hommes, ni à produire un discours clinique ou démonstratif.
L’enjeu est avant tout artistique : donner une forme sensible à des mécanismes souvent invisibles.
La botanique constitue le principal vocabulaire symbolique du projet. Plantes toxiques, racines invasives, floraisons séduisantes, organismes qui coopèrent ou se parasitent deviennent autant de métaphores permettant d’aborder les relations humaines sans les illustrer littéralement. Le narcisse en est la figure centrale : par son lien au mythe de Narcisse, mais également par sa dualité réelle — une fleur familière et délicate, pourtant toxique.
Le projet s’intéresse ainsi à une contradiction fondamentale : la coexistence de la beauté et du danger, de l’attachement et de la contrainte, de la séduction et de la perte de soi.
Cette recherche possède naturellement une dimension sociétale. Elle dialogue avec des questions contemporaines autour des rapports de pouvoir, des rôles attribués aux femmes et aux hommes, de la transmission culturelle et de notre manière de construire des relations plus équilibrées. Cette dimension reste volontairement ouverte : Le Jardin des Narcisses ne cherche ni à désigner des coupables ni à apporter une réponse unique, mais à créer un espace de réflexion par l’expérience artistique.
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Le projet trouve son origine dans un carnet de dessins et poemes commencé en 2018.
Au fil des années, ce carnet s’est enrichi d’autre chose : des récits entendus, confiés, observés. À travers mon travail, mes rencontres et les échanges avec des femmes venues parfois déposer, presque à voix basse, des fragments de leur histoire, j’ai fini par accumuler une matière qui dépassait largement les expériences individuelles. Sans m’en rendre compte, je constituais peu à peu une sorte d’archive sensible.
Aujourd’hui, en 2026, trois carnets sont remplis de récits, de phrases, de situations, de dessins et de notes. À force de vivre, d’entendre et d’être témoin de ces histoires, des motifs récurrents sont apparus. Les mêmes mécanismes revenaient sous des formes différentes, jusqu’à former ce que je perçois désormais comme une grammaire de l’emprise : une suite de gestes, de silences, de déplacements, de dépendances et de pertes de repères qui, mis bout à bout, dessinent une trame collective.
C’est dans ce paysage que le narcisse est devenu la figure centrale du projet. Il convoque naturellement le mythe de Narcisse et la fascination pour le reflet, mais m’intéresse aussi pour son ambiguïté botanique : délicate et familière en apparence, la plante possède une toxicité réelle.
Cette contradiction traverse l’ensemble du projet :
ce qui est beau peut contraindre ;
ce qui protège peut enfermer ;
ce qui séduit peut modifier progressivement la perception que nous avons de nous-mêmes.Le projet prend pour point de départ les relations d’emprise et les violences psychologiques, sans chercher à les illustrer littéralement ni à construire une opposition simpliste entre victimes et coupables.
Je m’intéresse davantage à leurs effets invisibles : la transformation progressive de la perception de soi, de l’identité et du rapport au corps — mais aussi à ce qui vient après : la reprise de possession de son image, de son récit et de son espace intérieur.
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Le développement de la palette constitue l’un des principaux enjeux du projet.
Je pars volontairement de couleurs fortement codifiées : rose et bleu.
Plutôt que d’éviter leur caractère presque stéréotypé, je souhaite précisément le pousser jusqu’à son point de rupture.
Rose pâle, rose saturé, bleu profond, noir et blanc composent la base du système. Une couleur plus vive intervient ponctuellement comme accident visuel.
Ma recherche porte sur les rapports d’intensité, de transparence, d’aplat et de superposition entre ces teintes, ainsi que sur leur interaction avec le pointillisme et la ligne qui caractérisent mon travail.
L’enjeu est de conserver la précision graphique construite au fil de ma pratique tout en permettant à la peinture de devenir plus physique, plus libre et moins prévisible.
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Le projet marque parallèlement une évolution importante dans mon parcours artistique.
Après près de dix années consacrées à un langage principalement construit autour du noir et blanc, du dessin et du pointillisme, j’introduis la couleur comme véritable matière de recherche.
Rose pâle, rose intense, bleu profond, noir, blanc et une teinte vive constituent les bases d’une nouvelle palette. Certaines de ces couleurs portent volontairement des associations culturelles liées au féminin et au masculin. Je souhaite les déplacer, les mélanger et les rendre moins prévisibles : un rose peut devenir brutal, un bleu charnel, une couleur vive venir rompre toute lecture binaire.
Cette recherche se développe simultanément dans les peintures, les sculptures et l’espace d’exposition.
Test 01 : mise en couleur d’un tableau existant
Test 02 : premières tentatives de couleur, de texture et de volume — l’objectif est de rendre le changement perceptible tout en conservant la reconnaissance de mon univers visuel.
Études et simulations de narcisses en céramique, développées avec l’assistance de l’intelligence artificielle.
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Le projet s’articule autour de plusieurs ensembles complémentaires, reliés par un même vocabulaire visuel : figures humaines, botanique, miroirs, architectures impossibles, textures organiques et motifs géométriques. À travers la peinture, l’installation, la sculpture, la fresque et l’édition, Le Jardin des Narcisses transforme les mécanismes d’emprise, de domination invisible et de reconstruction en images, matières et espaces.
Racines libres — Celles qui demeurent est une série de grands portraits inspirés de croquis accumulés depuis 2018 dans mes carnets noirs. Figures humaines, fleurs, racines et architectures s’y entremêlent pour évoquer le moment de l’après : celui où une personne recommence à habiter son corps, son image et son espace intérieur. Ni victimes ni héroïnes, ces figures apparaissent comme des territoires en transformation.
Herbier du silence — Ce qui demeure d’elles prend la forme d’un jardin fragmenté sur bois. Un dessin floral continu est découpé puis recomposé en fragments espacés, introduisant ruptures, décalages et vides dans l’image. Des fleurs dont les noms sont aussi des prénoms féminins deviennent les éléments d’un langage de mémoire. La botanique y évoque tour à tour toxicité, invasion, fragilité, persistance et interruption.
Le Reflet du vide déploie cette recherche dans l’espace. Des narcisses en céramique sont suspendus au-dessus de fragments de miroirs récupérés. Fleur, reflet et corps du visiteur se rencontrent dans une image toujours partielle : le miroir dédouble, coupe et révèle, tandis que le spectateur entre physiquement dans la logique de l’œuvre. L’installation poursuit ainsi la réflexion du projet autour de la beauté, du narcissisme, de la fragmentation et de l’absence.
L’Homme nouveau ouvre un autre axe sculptural consacré à la construction du masculin, aux modèles transmis et à leur possible transformation. Cette partie du projet interroge moins une figure individuelle que les formes culturelles dont nous héritons et la possibilité d’en produire de nouvelles.
La publication Le Jardin des Narcisses est conçue comme une œuvre à part entière. Réalisée en collaboration avec l’écrivaine et poétesse Sophie Dora Swan, elle réunira peintures, images du projet, récits, textes et poésie, prolongeant l’exposition dans une forme plus intime et durable, à la croisée du livre d’art et de la création littéraire.
À partir de 2028, le projet pourra également se prolonger à travers des fresques monumentales, ateliers, rencontres et formes de médiation. Ces extensions ne sont pas pensées comme des dispositifs thérapeutiques, mais comme des espaces de création et de transmission autour du végétal, du motif, du récit, de l’image de soi et de la création collective.
L’ensemble est actuellement développé en deux temps : une phase de recherche et conception au premier semestre 2027, suivie d’une phase de production et réalisation du second semestre 2027 à 2028.
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Soutenir Le Jardin des Narcisses, c'est accompagner une recherche artistique ambitieuse qui associe création contemporaine, expérimentation matérielle et réflexion sur des enjeux humains largement partagés.
Le projet entend créer une œuvre accessible par la beauté avant de l'être par le discours : un espace dans lequel peinture, matière, végétal et reflet permettent d'aborder des sujets complexes sans réduire leur ambiguïté.
Les soutiens recherchés peuvent prendre différentes formes : financement de la recherche ou de la production, partenariat technique, mise à disposition de savoir-faire ou d'équipements, accompagnement éditorial, soutien institutionnel, médiation ou mise en réseau.
Le projet est pensé comme une construction collective autour d'une démarche artistique portée et dirigée par Tami Hopf. Les partenaires associés n'ont pas vocation à cautionner une lecture idéologique particulière du sujet, mais à contribuer à l'existence d'un espace artistique de création, de transmission et de réflexion.
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Phase I — Recherche, conception et prototypes
Janvier – juillet 2027 — CHF 25'000
Cette première phase doit permettre de définir définitivement le langage plastique du projet avant d'engager sa production à grande échelle.
Recherche et conception
CHF 10'000Recherche picturale : couleurs, supports, matériaux, grands formats
CHF 3'000Prototypes céramiques, émaux et tests de cuisson
CHF 3'500Prototypes installation / miroir / suspension
CHF 2'500Matériel pour recherche graphique, motifs et développement éditorial
CHF 2'000Accompagnement et collaborations techniques
CHF 1'500Documentation des recherches et prototypes
CHF 1'000Matériel, consommables et imprévus
CHF 1'500
TOTAL PHASE I : CHF 25'000
Les résultats de cette phase seront : une palette et un langage pictural stabilisés, plusieurs peintures-tests, les premiers prototypes céramiques fonctionnels, un fragment d'installation à échelle réelle, une recherche graphique aboutie et un dossier de production définitif.
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Phase II — Production et réalisation
Août 2027 à 2028 — CHF 73’000
Série Racines Libres — peintures grands formats
CHF 18’000Série Herbier du silence — œuvres sur bois / ensemble mémoriel
CHF 5’000Le Reflet du vide — céramique, miroirs, structure, suspensions, production et fabrication
CHF 24’000Publication — développement éditorial, illustrations complémentaires, graphisme, préparation des images, et honoraires de l’écrivaine et poétesse Sophie Dora Swan
CHF 11’000Ateliers et médiation artistique
CHF 4’000Transport, manutention et montage
CHF 4’500Documentation professionnelle — photographie et vidéo
CHF 2’500Coordination de production et imprévus
CHF 4’000
TOTAL PHASE II : CHF 73’000
Budget global prévisionnel
Phase I — Recherche, conception et prototypes :
CHF 25’000
Phase II — Production et réalisation :
CHF 73’000TOTAL DU PROJET : CHF 98’000
Ce projet n’est pas l’aboutissement d’un langage : il est le point
où il se fracture, se colore et se reconstruit — comme une identité
après l’emprise.
Cultivating Legacy Through Giving
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Cultivating Legacy Through Giving ⁎