Le livre
Le Jardin des Narcisses est un projet de livre initié par l’artiste pluridisciplinaire Tami Hopf en collaboration avec l’écrivaine et poétesse Sophie Dora Swan.
L’ouvrage aborde les thèmes de l’emprise, des relations toxiques et des violences au sein du couple.
Il paraîtra conjointement à l’exposition personnelle Le Jardin des Narcisses, créée par Tami Hopf.
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Ce projet ambitionne de créer un ouvrage féministe, à la croisée entre objet d'art, récit poétique et "outil" informatif, voire émancipateur : un ouvrage mettant en relief les signes de l’emprise et des relations toxiques, afin de mieux visibiliser ces mécanismes, de les comprendre, et de s’en protéger, également. Un ouvrage, aussi, qui aborde la sortie de ces relations, et qui met à l’honneur la force et le courage de celleux qui traversent l’emprise et parviennent à s’en libérer.
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Chaque matin, la narratrice se rend à son studio de tatouage, un véritable "théâtre des confidences": en marquant leur peau, les femmes se livrent, racontent, se réapproprient leur corps, leur histoire. Au fil des mois, derrière les récits individuels et singuliers, émerge progressivement une grammaire collective de l'emprise, que la narratrice consigne dans un carnet noir.
Elle recueille ces récits, les incarne, et les fait exister sous sa main, à travers des illustrations, des poèmes et des fragments, qui prennent leur place dans un jardin. On s’y promène, on admire, on découvre des fleurs, puis des femmes. Des femmes-fleurs, qui parlent, appellent, racontent. On avance encore, on regarde de plus près, et par moments, la végétation devient envahissante ; nos pieds trébuchent sur des racines, notre peau s’accroche à des ronces.
Au cours de la traversée de ce jardin, au cœur de cet espace touffu, à la fois attirant et étouffant, se dessine alors une cartographie des mécanismes à l’œuvre dans les relations toxiques. Se dessine également, plus loin, un chemin, vers la sortie du jardin.
En s’appuyant sur le langage visuel et botanique des plantes, le JARDIN DES NARCISSES raconte et symbolise un lieu où beauté et danger se confondent.
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LE JARDIN DES NARCISSES mêlera illustrations, poésie et arts visuels, dans une forme proche du roman graphique.
Il se destine à un public adulte et jeunes adultes. Outre le grand public, l’ouvrage se veut également d’intérêt pour les professionnel·les œuvrant auprès des victimes de violence en couple (psychologues, associations d’aide aux victimes, etc.), ainsi que pour les amateur·trices d’art et de littérature engagée.
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Le livre Le jardin des narcisses sera composé des volets suivants:
_ un volet artistique et littéraire : des illustrations ("les femmes-fleurs", portraits inspirés de la série "racines libres") et des croquis (carnet noir), couplés à des poèmes et récits fragmentaires, qui racontent et mettent en scène ce théâtre des confidences.
_ un volet documentaire (impact social) : des ressources théoriques pour comprendre les mécanismes des relations toxiques, un glossaire (gaslighting, emprise, stalking, love bombing, etc.) et une bibliographie de références.
Recherche éditoriale
Le livre prolonge Le Jardin des Narcisses dans un espace plus intime, où l’image, le récit et la poésie peuvent se répondre autrement que dans l’exposition. Il est pensé comme une œuvre à part entière, et non comme un simple catalogue.
Les recherches actuellement en cours portent notamment sur :
mise en page · rythme · typographie · photographie · illustration · motifs modulaires · couleur · papier · transparence · superposition · reliure
Le langage graphique développé pour le projet — palette chromatique, motifs, textures, architectures et formes végétales — traversera progressivement l’objet éditorial afin de créer une continuité avec les peintures, les installations et les fresques. En collaboration avec l’écrivaine et poétesse Sophie Dora Swan, la recherche portera également sur la manière de faire dialoguer les images avec les récits et la poésie, en laissant une place importante au silence, au rythme et à la respiration des pages.
État du projet
Le projet est dans sa phase d'ébauche: Tami Hopf et Sophie Dora Swan travaillent actuellement sur la structure de l'ouvrage, la voix, la forme du projet. Les premiers dessins et poèmes sont nés.
Les phases de création des deux artistes seront jumelées, pour qu'elles puissent s'enrichir mutuellement, afin de développer une cohérence solide de l’œuvre. Elles s'étaleront entre l'automne 2026 et l'année 2027.
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Le livre ne commence pas sur une page blanche.
Depuis 2018, au fil des rendez-vous dans son studio de tatouage, Tami Hopf consigne dans des carnets noirs des fragments de conversations, des phrases, des comportements, des silences et des situations racontées par différentes femmes.
À l’origine, ces notes n’avaient aucune vocation éditoriale. Elles permettaient simplement de garder une trace de ce qui avait été entendu.
Puis les années passent. Les visages changent, les histoires aussi — mais certaines phrases reviennent. Les mêmes justifications, les mêmes renversements, les mêmes formes de culpabilité ou d’effacement semblent réapparaître dans des vies qui ne se connaissent pas.
Ce qui ressemblait à une accumulation de récits individuels devient progressivement une cartographie.
Le Carnet noir constitue aujourd’hui le cœur documentaire et littéraire de Le Jardin des Narcisses. Le livre ne reproduit pas ces histoires telles quelles : il les fragmente, les transforme et les met en dialogue avec l’illustration, la poésie et la botanique.
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EXTRAIT I
Le studio
“La machine vrombissait avec son bruit de moustique sous coke.
La pointe de ma 7RL glissait le long des futures écailles du serpent.Un serpent… Elles ne demandent presque jamais une marguerite quand elles viennent d’en quitter un.
Je piquais, je respirais, j’écoutais.
Elle parlait.
Son histoire n’était pas seulement la sienne. C’était celle de toutes les autres, recrachée par une bouche différente.” (…)
EXTRAIT II
Le Carnet noir
“Je l’ai ouvert sans savoir pourquoi.
Un carnet banal, noir, sans titre.J’y ai noté des phrases comme on note la météo :
sans commentaire, sans réponse, sans défense.Elles ne venaient jamais seules.
Elles arrivaient déguisées en bon sens,
en amour inquiet,
en vérité dite trop fort.Je ne les ai pas écrites pour les comprendre.
Je les ai écrites pour ne pas les oublier.Pour garder la trace exacte
de ce qui use à bas bruit.” (…)« Tu te fais des films. »
« Je te connais mieux que tu ne te connais toi-même. »
« Si je réagis comme ça, c’est à cause de toi. »
« Tes amis te montent la tête. »
« Quand tu changeras, ça ira mieux. »EXTRAIT III
Le Jardin des miroirs
“Je pousse la porte du studio.
Ça pique au nez, cette odeur de détol qui colle à l’air.Les murs murmurent.
Le plafond se contracte parfois, comme s’il respirait.Face à moi, une silhouette brisée par ce que j’ai traversé.
Dans le miroir, ce n’était pas mon reflet : c’étaient toutes celles qui avaient vécu avant moi.
Leurs traces, leurs tremblements.Et au milieu de ça, un chemin.
Pas celui qu’on suit —
celui qu’on dynamite, qu’on rase, qu’on reconstruit à mains nues.” (…)
FRAGMENTS / POÉSIEPourquoi ?
“Parce que j’ai confondu l’amour avec l’effort.
Je cherche la porte.
Je trouve un mur.Je cherche son cœur.
Je devine le mien, en sang.Je reste.
Par amour — je le dis.
Par peur — je le cache.
Par pitié — je me mens.
Par culpabilité — je me tiens en laisse.”(…)
“Nous avons aimé le futur
pendant que le présent était en détresse.Nous avons regardé derrière,
fiers de l’accompli,
sans remarquer à quel prix.” -
INTÉRÊT PUBLIC
Le Jardin des Narcisses part de récits intimes, mais leur répétition fait apparaître des questions qui dépassent les trajectoires individuelles : rapports de pouvoir, contrôle, dépendance, charge mentale, rôles de genre, difficulté à identifier une violence qui ne laisse pas toujours de traces visibles.
Le livre cherche précisément à travailler cet espace trouble : le moment où une expérience longtemps perçue comme personnelle commence à révéler une structure collective.
La littérature et l’image permettent ici une approche différente du discours scientifique ou institutionnel. Elles donnent une forme sensible à ce qui reste souvent difficile à raconter : le doute, l’ambivalence, l’attachement, la perte progressive de repères, mais aussi la reconstruction.
Le projet est ainsi pensé comme un objet artistique capable de circuler entre plusieurs espaces : littérature, arts visuels, recherche, médiation culturelle et sensibilisation.
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UN OBJET ÉDITORIAL HYBRIDE
La singularité de Le Jardin des Narcisses repose moins sur un sujet inédit que sur la manière de le rendre visible.
Le livre fait dialoguer quatre langages qui conservent chacun leur autonomie:
Le récit
Des scènes courtes et incarnées issues d’une matière accumulée pendant plusieurs années dans un studio de tatouage.L’image
Les illustrations ne décrivent pas le texte. Corps, végétaux, miroirs et architectures impossibles construisent une seconde narration.La poésie
Des fragments et interludes déplacent ponctuellement le récit vers un espace plus sensoriel, là où l’expérience résiste à une lecture strictement rationnelle.La botanique
Les comportements du monde végétal deviennent un système parallèle pour penser l’emprise : plantes toxiques, racines envahissantes, symbioses perturbées, croissance empêchée, beauté trompeuse.Le projet propose ainsi une forme située entre littérature du réel, livre d’artiste et objet documentaire, sans que l’une de ces dimensions ne soit réduite à l’illustration de l’autre.
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Dans Le Jardin des Narcisses, la botanique ne sert pas de décor.
Certaines plantes colonisent leur environnement. D’autres modifient chimiquement le sol. Certaines perturbent les réseaux qui permettent aux plantes voisines de se nourrir. D’autres encore associent une apparence séduisante à une réelle toxicité.
Ces phénomènes deviennent un vocabulaire parallèle pour raconter ce qui se joue dans les relations humaines.
L’objectif n’est pas d’établir des équivalences scientifiques entre végétaux et comportements, mais de créer un système de métaphores documentées, capable de rendre perceptible ce qui agit souvent sans bruit.
L’emprise n’est pas toujours un choc.
Parfois, c’est un environnement qui devient progressivement inhabitable. -
LA PEAU COMME ARCHIVE
Le studio de tatouage occupe une place particulière dans le projet.
Pendant plusieurs heures, une personne confie littéralement son corps à une autre. Elle vient parfois inscrire sur sa peau une rupture, une mémoire, une transformation ou simplement une image dont le sens n’apparaît qu’au fil de la conversation.
Cette proximité produit un espace de parole singulier.
Dans le livre, la peau devient à la fois support, frontière et archive. Elle conserve les traces de ce qui a été vécu, mais elle peut également devenir le lieu d’un choix nouveau : celui de décider ce que l’on souhaite désormais y inscrire.
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ACCOMPAGNER LE LIVRE
Le Jardin des Narcisses est aujourd’hui dans une phase de développement avancée : la structure narrative est établie, plusieurs textes et extraits sont rédigés, le Carnet noir constitue un corpus accumulé depuis 2018, les premiers portraits et recherches botaniques sont développés et l’univers graphique du livre est défini.
La prochaine étape consiste à réunir les conditions nécessaires pour transformer cette matière en un véritable objet éditorial : accompagnement du manuscrit, création des illustrations originales, direction artistique, design éditorial, documentation scientifique, impression et diffusion.
Le projet recherche aujourd’hui des maisons d’édition, partenaires culturels, fondations et mécènes souhaitant accompagner cette étape.
Soutenir le livre, c’est permettre à une matière née dans l’intimité d’un studio de devenir un objet artistique accessible, transmissible et capable de circuler dans l’espace public.